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L’archéologie de Christopher Ræburn

2024-05-13

L’archéologie de Christopher Ræburn

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Que restera-t-il de nous dans deux cents ans? Les sièges du pouvoir sans doute et les grandes avenues de nos villes, des musées et des ruines antiques. Nombreuses sont les personnes à penser que l’archéologie du futur explorera notre mode de vie consumériste à travers les restes des centres commerciaux, ces énormes « non-lieux » évoqués par Marc Augé, tout comme aujourd’hui nous voyons dans les cathédrales le symbole du pouvoir ecclésiastique et dans les grands boulevards du Baron Haussmann l’expression de la grandeur napoléonienne. Pourtant, à côté de l’architecture, un autre type d’archéologie étudiera notre époque : celle des déchets. Nous sommes submergés par les déchets et la grande majorité de ceux-ci n’auront pas disparu d’ici des milliers d’années.

L’idée que les déchets puissent être un matériel archéologique intéressant vient d'un groupe d'anthropologues de l’Université de l’Arizona, mené par William Rathje qui, dans les années soixante-dix, commença à passer au crible les bennes et les décharges urbaines à la recherche des traces les plus authentiques de nos vies sur cette planète. Le projet se base sur l’idée que les objets possédés et jetés par les personnes en disent plus long sur leurs vies qu’elles-mêmes ne pourraient le faire, et ce de façon plus complète, plus éloquente et plus sincère. De nos jours, les musées exposent, partout dans le monde, des objets utilisés quotidiennement par les civilisations anciennes. En fait il s’agit de déchets retrouvés par les archéologues et transformés en de précieux objets artistiques exposés dans des vitrines.

À sa façon Christopher Ræburn est un archéologue post-moderne, capable de transformer les déchets en œuvre d’art. Il commença ses « fouilles » en puisant dans certains des déchets les plus difficiles à éliminer, ceux de l’industrie textile. Fasciné par les vêtements militaires et le style utilitaire, Ræburn créa en 2010 la ligne REMADE et fit ses débuts à Londres avec la première collection AW10 PREPARE, produite avec des stocks d’articles provenant de l’armée, déconstruits et reconstruits. Chaque pièce REMADE est une édition limitée, coupée et cousue en Angleterre selon des normes de durabilité très élevées. En plus de REMADE, Ræburn produit deux autres lignes avec une empreinte carboneréduite : REDUCED, qui utilise les surplus de matières produites par des fabricants locaux en petites quantités, et RECYCLED, qui utilise des ressources extérieures respectant les mêmes normes de durabilité que Ræburn.

Bien avant la naissance de Ræburn, une petite société fabriquant des chaussures d’extérieur fut créée à Boston en 1952 par Nathan Swartz. Désormais dirigée par son fils Sidney, elle lança en 1973 une paire de bottines en cuir imperméable, de ce jaune si caractéristique. Avec ces bottes de travail, Timberland commença à exister réellement et est encore, à ce jour, l'une des marques urbaines de plein air les plus appréciées et populaires au monde. Les bottes Timberland sont faites pour durer et être utilisées en extérieur, faisant en quelque sorte partie intégrante de la nature, comme le montre le logo de l'entreprise en forme d’arbre. Plus de 270 millions de bouteilles plastiques recyclées sont actuellement utilisées dans la production de ces bottes de travail. En 2016 Timberland a atteint un taux de récupération de déchets de 75 %, l’objectif étant d’atteindre 95 % en 2020, afin de ne plus produire aucun déchet. Il était inévitable que, tôt ou tard, les deux routes se croisent.

Christopher Raeburn

Christopher Raeburn

Les deux mondes ont fusionné pour créer la collection Timberland x Christopher RÆBURN. Le designer a gardé ses fondements - REMADE, REDUCED, RECYCLED – tout en créant avec Timberland trois lignes différentes qui partagent la même empreinte écologique. REMADE fut lancée en juin à Londres pendant la semaine de la mode. Ræburn a mis en pratique sa méthode archéologique afin de dénicher des articles Timberland vintage sur les marchés et dans les magasins d’occasion en ville. Il a ensuite déconstruit et reconstruit chaque article selon une esthétique contemporaine qui fait un clin d’œil au style utilitaire si populaire, alliant poches, confort et style ultra technologique. La collection regroupe des modèles archétypes du style de vie urbain et contemporain, tels que les parkas, les anoraks, les pantalons cargos et les joggings, les teeshirts à manches courtes et longues, ainsi que les pulls ras du cou.

Les originaux de la collection furent ensuite reproduits pour la ligne REDUCED, présentée à Berlin au festival Bread & Butter by Zalando. Pour REDUCED également, qui peut être achetée en édition limitée, l’attention maximale est portée sur la durabilité et l’objectif est toujours de réduire le plus possible la production de déchets. La gamme plus large de RECYCLE devrait être lancée l’automne prochain dans les magasins à l’échelle mondiale. Timberland x Christopher RÆBURN est une collection capsule à très faible impact environnemental, créée avec des matières recyclées et recyclables et avec un design intemporel capable de survivre au-delà d’une saison.

Chaque année, rien qu'en Angleterre, 1,13 million de tonnes de vêtements sont achetées. Chaque début de saison, plus de 200 millions d’articles sont jetés. Ces chiffres ne tiennent pas compte de l’immensité et de la complexité du secteur textile dans sa globalité, qui n’inclut pas uniquement les vêtements mais aussi les meubles, les véhicules et l’industrie. Le volume des déchets produit chaque année par ce secteur est incontrôlable et la mode, son principal moteur, ne semble pas avoir fait la démarche d’inverser cette tendance. Signer des manifestes environnementaux ou utiliser du coton bio ici et là pour combler les dégâts causés à l’environnement par le secteur de la mode n’est pas suffisant. Nous devons adopter une vision globale allant de la conception responsable d’un produit à sa fin après utilisation. Tout comme l’a fait et le fera toujours Timberland x Christopher RÆBURN.